Résumé de nos livres

Une alternative postcapitaliste, pourquoi et comment ?

Un bref résumé

Le point de départ de la discussion est le postcapitalisme tel qu’il est proposé par les initiateurs de ce site. Comme nous l’avons expliqué, l’essentiel de cette proposition est une structure économique dans laquelle il n’y a plus d’argent en circulation dans le processus de production des biens et des services. Dans laquelle, de plus, les revenus acquis par le travail, l’investissement de capital ou la livraison de matières premières sont remplacés par un budget plus ou moins égal périodiquement alloué à tous. L’unique prestation exigée de tous en retour, c’est l’évidence même, est le travail.

L’avantage principal d’une telle alternative comparée au capitalisme néolibéral est que l’activité humaine sur notre planète n’est soumise à aucune limitation à part celle de la soutenabilité de l’environnement. Tout ne dépend plus de la question du financement, par opposition au capitalisme. Ce dernier ne permet aucune activité sans financement préalable, et les moyens financiers sont toujours insuffisants pour les besoins humains et environnementaux parce que le capitaliste, comme nous l’avons expliqué dans nos livres, doit constamment et nécessairement toujours transférer plus de moyens en sa faveur pour pouvoir tenir tête à la concurrence ruineuse. Le postcapitalisme n’a aucun besoin financier pour son activité en faveur de la prospérité et du bien-être de la population mondiale ou en faveur de l’environnement. Il lui faut uniquement réunir le know-how requis, les moyens de production et le travail qui, comme nous l’avons dit, sont gratuits parce que l’argent est exclu du processus de production. Le seul rôle attribué à l’argent est la limitation par le budget périodique de la consommation globale des biens et des services gratuits à un niveau qui ne dépasse pas la soutenabilité de l’environnement. Le postcapitalisme utilise donc l’argent en faveur de la protection de l’environnement. Par ailleurs les activités économiques en faveur du bien-être et de la prospérité de la population mondiale ne connaissent aucune entrave, ni matérielle, culturelle, personnelle, financière, sociale ou de tout autre quelconque point de vue.

Ci-dessous vous lirez un résumé plus détaillé de l’alternative postcapitaliste présentée dans nos livres. Les visiteurs qui désirent sérieusement participer à la discussion sur ce site ont tout intérêt à prendre connaissance de ce texte.

Un résumé plus détaillé

Nous vivons mondialement dans un ordre économique
qui n’est pas en ordre

Nous désirons débuter ce résumé de nos livres par la constatation que la technique et le know-how sur tous les terrains sont suffisamment développés, qu’il y a suffisamment d’hommes pour fournir le travail nécessaire et qu’il y a assez de matières premières disponibles pour garantir maintenant et également dans l’avenir une existence digne de l’homme pour tous les habitants de la terre. Il importe de choisir un ordre économique qui permet d’utiliser au mieux ces facteurs favorables. Que nous n’avons pas encore fait ce choix, apparaît clairement de la réalité économique dans laquelle nous vivons mondialement. Au lieu d’une garantie pour une vie digne de l’homme pour tous les habitants, nous constatons une menace toujours grandissante pour la survie de l’homme sur terre. Nous sommes pratiquement tous au courant de l’énorme pauvreté permanente dans le monde et des inégalités sociales toujours croissantes. Et le problème de l’exploitation abusive de la planète ainsi que les atteintes à la biosphère sont pour presque tous devenus entre-temps « an inconvenient truth » (Al Gore).

Mais nous sommes véritablement inquiets et déconcertés quand nous nous réalisons que ces malheurs à l’échelle mondiale ne peuvent être imputés à l’une ou l’autre catastrophe naturelle qui nous condamne à l’impuissance, mais qu’ils sont tous la conséquence d’un ordre établi par l’homme. Et combien cet ordre est désastreux apparaît si nous le clarifions par quelques chiffres.

Prenons tout d’abord la pauvreté sous la loupe. Il s’avère que 1,2 milliards de personnes doivent survivre avec 1 US dollar par jour, et plus de 3 milliards avec 2 dollars par jour. Plus de la moitié des hommes – presque tous dans les pays en voie de développement – vivent en dessous du seuil de pauvreté. Plus de 820 millions de personnes souffrent quotidiennement de faim, toutes les trois secondes un enfant meurt de faim, et quotidiennement plus de 30.000 enfants dans le monde meurent de maladies qui peuvent être évitées. Dans les pays en voie de développement 43% des personnes n’ont pas accès à de l’eau propre, et 64% ne dispose pas du plus rudimentaire équipement sanitaire. De plus, dans ces régions les structures politiques traditionnelles se désagrègent et l’initiative est de plus en plus reprise par des entreprises à la recherche du profit. A cette fin, elles exploitent la population et introduisent ainsi la criminalité organisée, la mafia, la corruption, les catastrophes écologiques et les épidémies.

Mais non seulement les pays en voie de développement connaissent la pauvreté, également les pays occidentaux dits riches y sont confrontés. Ainsi aux Etats-Unis et en Europe, il y a environ 100 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Et si nous y ajoutons l’Europe de l’Est et l’ancienne Union Soviétique, il y a encore 80 à 100 millions de personnes de plus en dessous de ce seuil. Nous atteignons à peu près la proportion de 1 à 3 en comparant les personnes jouissant d’une prospérité relative à celles qui souffrent d’une pauvreté poignante.

La pauvreté n’est pas uniquement une donnée absolue mais également relative. Ainsi l’inégalité entre les pays pauvres et les pays riches a plus que doublé depuis 1960, elle a crû de 1 à 30 à plus de 1 à 80 actuellement. Ici aussi, nous constatons la proportion de 1 à 3. Les 358 personnes les plus riches de la terre disposent ensemble de plus de biens que les 2,5 milliards des plus pauvres. Cette accumulation de capital n’est pas le propre des particuliers, mais bien entendu surtout des sociétés et des entreprises. Ainsi 70% du total du commerce mondial est effectué par pas plus de 500 entreprises et 1% des multinationales possède la moitié des investissements étrangers. Il y a de plus en plus de capital en possession de toujours moins d’entrepreneurs et d’entreprises. L’économie est, par conséquent, mondialement de plus en plus dominée par toujours moins d’entreprises sans cesse croissantes, qui, à leur propre profit, imposent, d’une manière contraignante, leur pouvoir économique aux autorités et à la société.

La surcharge de l’homme, de la nature et du milieu

Le désordre de notre économie est également révélé par la surcharge qu’elle impose à l’homme, la nature et le milieu. Notre ordre économique, sa nécessité de toujours faire plus de profit, mène à la surcharge de l’homme et de la planète. Ceux qui travaillent sont souvent soumis à une forte pression, même harcelés jusqu’au burn-out ou à l’incapacité de travail, tandis que tant d’autres sont contraints de rester chez eux sans travail. Et non seulement les possibilités humaines, mais également celle de la terre sont largement dépassées. La nécessité de notre ordre économique de toujours réaliser plus de profit mène à une production sans frein, avec la conséquence que les réserves d’énergie et de matières premières sont exploitées avec une rapidité insoutenable et que la nature et le milieu sont sérieusement endommagés. La moitié des rivières de la terre est polluée, 15% du sol subit le même sort et environ 1/6, ou 2 milliards d’hectares, est même extrêmement pollué. Depuis 1990, presque 90 millions d’hectares de forêt équatoriale a disparu. L’émission de dioxyde de carbone et d’autres gaz nuisibles ne fait qu’augmenter et contribue au réchauffement de la planète et à de nombreuses catastrophes naturelles, qui, dans un proche avenir, peuvent provoquer des conséquences désastreuses. Et en ce qui concerne la biodiversité, la survie de 12% des espèces d’oiseaux et d’environ un quart des mammifères est menacée. Vers 2050, l’année où, d’après l’accord peu concret et sans engagement du G8 à Heiligendamm, l’émission de CO2 doit être mondialement réduite de la moitié, un million de plantes et d’espèces animales aura disparu. La terre devient de moins en moins un endroit propice à la vie.

De plus, il y a encore les crises et les récessions économiques périodiques. L’ordre économique régnant connaît une croissance très déséquilibrée, ce qui signifie une croissance qui sans cesse alterne avec de graves crises de la profitabilité des entreprises. Ces crises sont répercutées sur la population, surtout sur la partie la plus pauvre, tandis que l’accroissement du profit, en général de courte durée, n’enrichit pratiquement que les riches et les entreprises dont les capitalistes sont les propriétaires.

La question-clé

Ceci n’est qu’une énumération limitée des sérieux problèmes que l’ordre économique dans lequel nous vivons nous impose. L’économie dont question est l’économie du marché libre ou le capitalisme, depuis les années 1980 aussi dénommé, dans sa forme mondiale actuelle, le néolibéralisme. Cet ordre a, bien entendu, aussi permis certains résultats, ou plutôt, la pression sociale et la résistance contre le capitalisme ont permis des progrès, comme la croissance de l’espérance moyenne de vie, la diminution de la mortalité enfantine et de l’analphabétisme. Mais par rapport aux problèmes précités ces résultats s’estompent.

La question-clé est alors évidemment de savoir si la solution de ces problèmes sociaux et écologiques peut être cherchée et recherchée dans le cadre de cette économie capitaliste dominante ou si c’est précisément ce système qui cause et aggrave ces problèmes, et qui par conséquent empêche de les aborder efficacement ? Il est évident que les apologistes, les défenseurs du capitalisme néolibéral veulent à tout prix que cette économie ne soit pas considérée comme la cause de ces problèmes. Ils soulignent que justement le fonctionnement sans entrave du capitalisme résoudra tous les problèmes grâce à la très estimée « invisible hand » d’Adam Smith. Les intentions originales de Smith sont ainsi trahies au profit de l’égoïsme individuel, la dynamique interne du capitalisme, qui provient du besoin humain de survie aux dépens de tout et de tous. L’intention est ici la défense des intérêts des élites du capitalisme néolibéral, par conséquent des propriétaires privés et des capitalistes. Cette vision et celles qui en découlent négligent la dynamique externe du capitalisme, où il y a de la richesse parce que la pauvreté existe, où il y a du développement grâce au sous-développement, où une saine politique écologique est soumise à la recherche du profit.

Ces visions ne cherchent pas la cause des problèmes sociaux et écologiques, du moins pas la cause la plus explicative, où elle se trouve, c’est à dire dans le capitalisme (international). Aussi longtemps que le capitalisme néolibéral dominera la scène mondiale, les problèmes sociaux et écologiques ne pourront que s’aggraver et ils ne seront jamais résolus. L’économie capitaliste actuelle n’offre aucune solution, elle constitue elle-même le problème. Le capitalisme est dans son essence identique aux problèmes qu’il cause, ils sont dans ses gènes, il ne peut se passer de l’exploitation de l’homme et de la nature, c’est précisément de cette façon qu’il réalise son profit. Sans exploitation et les problèmes qu’elle entraîne, le capitalisme n’existe pas. Nous pouvons, brièvement, clarifier ceci par quelques caractéristiques principales de ce système.

Les caractéristiques principales

Une des caractéristiques principales du capitalisme est que des entrepreneurs ou des capitalistes investissent des capitaux en des moyens de production, entre autres également de la main-d’oeuvre, pour produire des services et des biens qui sont vendus sur le marché. Les capitalistes n’investissent pas leur argent pour leur plaisir ou pour des raisons charitables. Ils le font dans un intérêt personnel bien réel, notamment avec l’intention d’en retirer plus que leur investissement. La différence s’appelle profit. Il ne s’agit bien entendu pas d’un profit unique, mais d’un profit ininterrompu dans le temps. Faire du profit est le principe dominant, toujours plus de profit.

Comment le profit est-il réalisé ? Le profit ne résulte pas du fait que le capitaliste vend ses produits (biens et services) sur le marché à un prix plus élevé que leur valeur réelle. C’est un malentendu persistant et répandu. Le profit se réalise tout autrement. Il est basé sur le fait que les travailleurs ne reçoivent pas de salaire pour une partie de leur travail. Au cours du processus de production, ils produisent plus de valeur que celle pour laquelle ils sont payés. Aussi cette différence est appelée plus-value. Et c’est précisément ce surplus, cette plus-value, par conséquent cette partie non payée du salaire, qui constitue la base, qui est la source du profit pour le capitaliste. Ce profit est réalisé quand par la vente des produits sur le marché leur plus-value se transforme en monnaie trébuchante, donc en argent. Le capitaliste s’approprie ce profit, basé sur le travail non rétribué des autres, ce qui signifie de l’exploitation, c’est ainsi qu’il s’enrichit.

Le capitaliste peut avoir de nombreux désirs, bien entendu, surtout celui de l’enrichissement personnel, mais la pratique capitaliste est récalcitrante. En effet, il apparaît qu’il n’est pas toujours simple ou même parfois pas possible de transformer la plus-value en suffisamment de profit (en argent donc). Mais de plus, par définition, le capitalisme n’est pas en état de réaliser suffisamment de profit pour assurer à terme sa survie. Finalement sa disparition est par conséquent inévitable, ce n’est qu’une question de temps. Comment expliquer pourquoi la création de plus-value – l’exploitation -, la base du système économique, et la transformation de cette plus-value en monnaie par la vente des produits sur le marché, doit toujours provoquer des crises et finalement le chant du cygne? A ce sujet, trois facteurs jouent un rôle prépondérant :

  1. Tout d’abord, il y a le manque permanent de pouvoir d’achat. Nous savons que la plus-value est créée par le fait que l’ouvrier reçoit un salaire inférieur à la valeur qu’il crée au cours du processus de production. La conséquence logique et effective est que la somme des salaires payés est inférieure à la valeur totale réalisée au cours du processus de production. La conséquence est que finalement toute la plus-value ne peut être transformée en profit. Le pouvoir d’achat est, en effet, insuffisant. Il en résulte une surproduction. Aucun profit ne peut être tiré de produits qui contiennent une plus-value mais restent invendus. La limitation du pouvoir d’achat/de la consommation provoque une crise de surproduction et corrélativement une crise de la profitabilité. L’exportation peut temporairement soulagée jusqu’à ce que la déficience du pouvoir d’achat frappe également les secteurs concernés ailleurs.
  2. La crise de la profitabilité ne résulte pas seulement de l’insuffisance permanente du pouvoir d’achat, elle subit également l’effet nocif de l’augmentation des salaires. Bien que le capitaliste ait intérêt à maintenir la rémunération du travail aussi basse que possible – au plus bas le salaire au plus élevé la plus-value – il ne peut empêcher des augmentations de salaire. Au fur et à mesure que l’économie prospère et que la demande du travail disponible augmente, le travail deviendra plus cher et les salaires augmenteront. Mais ils provoquent rapidement une crise, parce que l’augmentation des salaires diminue la création de la plus-value, la source du profit. La prospérité économique augmente le prix du travail, entraîne ainsi une diminution de la plus-value, par conséquent du profit, et provoque donc une crise.
  3. Et il y a encore un troisième facteur qui dérange le capitaliste parce qu’il rend l’obtention d’un profit difficile. Ce facteur est la tendance à la baisse du taux de profit. Le taux de profit exprime la relation entre le profit et le coût. A un profit élevé et un coût bas correspond un taux de profit important. L’inverse est bien entendu tout aussi vrai. A un profit bas et un coût élevé correspond un taux de profit réduit.

Il est clair que tout capitaliste espère la première possibilité, mais en réalité il est constamment confronté à la seconde. En effet, le taux de profit subit une tendance à la baisse permanente. Ceci provient de la concurrence féroce entre capitalistes. Un système tel que le capitalisme, où les entrepreneurs capitalistes ne peuvent transformer la plus-value en profit que par la vente de biens et de services sur le marché, mène irrévocablement à une mutuelle concurrence ruineuse. Le consommateur ne peut que dépenser une seule fois le même euro. La lutte est impitoyable, la victoire de l’un signifie la mort de l’autre : une concurrence féroce. Pour ne pas être la victime de cette concurrence, la parade principale du capitaliste consiste à produire meilleur marché afin d’éliminer le collègue producteur du marché. Il tente à diminuer le coût de la production par un accroissement de l’efficacité de la production. Pour ce faire, il investit en des machines qui suppriment le travail, nous obtenons une production à fort coefficient de capital. De telles machines travaillent plus rapidement et plus efficacement que l’homme, rendent une grande partie du travail humain superflu et offre ainsi une diminution importante du coût du travail. Le capitaliste peut produire meilleur marché et tenir tête à ses concurrents, si ce n’était que la recherche des machines les plus performantes n’était pas vitale pour chaque capitaliste. Si le fabricant A produit les mêmes produits de la même qualité que le fabricant B et qu’il les offre sur le marché à un prix plus bas, alors A pourra conquérir cette part du marché au détriment de B. Le fabricant B se verra obligé de descendre en dessous des prix de A pour reprendre cette part de marché. Mais ensuite A ne pourra pas se laisser faire, et ainsi de suite. En d’autres mots, la recherche constante de machines plus parfaites et plus efficientes ne cesse pas et est d’importance capitale pour le capitaliste. Cette spirale sans fin d’investissements dans le progrès technologique est indissolublement liée au capitalisme. Et ceci signifie qu’une partie toujours plus importante du profit doit être utilisée pour une production à fort coefficient de capital et que par conséquent le taux de profit est de plus en plus sous pression. Si le capitaliste désire maintenir son profit au même niveau ou de préférence l’accroître, cela n’est alors possible qu’à condition de :

  • toujours produire plus,
  • trouver de nouveaux marchés,
  • et d’accroître le dégré d’exploitation de l’homme et de l’environne- ment.

Mais tous les marchés sont déjà occupés, à l’exception de l’Etat, qui sous la pression des néolibéraux se voit obligé de servir avant tout l’intérêt du capital par la privatisation, la dérégulation et la libéralisation. L’environnement est déjà au plus mal du fait de l’exploitation capitaliste, de plus le pouvoir d’achat des hommes est mondialement pratiquement épuisé par la formation de la plus value capitaliste. En d’autres mots, il n’y a presque plus de nouveaux marchés, tandis que le capitaliste doit néanmoins toujours vendre plus pour toujours accroître son profit, pour ainsi pouvoir survivre.
La tendance à la baisse du taux de profit est le troisième facteur qui explique pourquoi le capitalisme ne se limite pas à être la cause des problèmes sociaux et écologiques, mais de plus les aggrave, et que par conséquent il ne peut pas les résoudre.

Les trois facteurs que nous avons explicités démontrent clairement que le capitalisme est fondé sur des contradictions internes permanentes :

  1. La production à fort coefficient de capital exige par suite de la concurrence féroce qu’une partie toujours plus importante du capital, du profit, soit absorbée par l’acquisition répétée de machines toujours plus complexes, plus nombreuses et plus chères. La production à fort coefficient de capital comme stratégie indispensable pour maintenir le taux de profit exerce une forte pression sur les possibilités de profit,
  2. tandis que, du fait de cette même production à fort coefficient de capital, des emplois se perdent et qu’ainsi la plus-value, source du profit, diminue fortement,
  3. et de plus, la demande des biens de consommation reste inférieure à l’offre par suite de l’insuffisance du pouvoir d’achat, la conséquence de la plus-value du travail non rémunéré, des licenciements et des salaires de misère, ce qui bien entendu est également défavorable à la création du profit.

La conclusion inévitable

Pour tenir tête à ces contradictions internes permanentes le capitalisme néolibéral doit constamment augmenter le niveau d’exploitation de l’homme et de la nature. Et en cela, avec l’aide des gouvernements, le système réussit mondialement très bien. Des rachats et des fusions (destruction de capital concurrent, donc une forme de cannibalisme économique), des salaires de misère (surtout dans les pays en voie de développement) et des mesures salariales chez nous, des économies toujours plus sévères dans le domaine de la sécurité sociale jusqu’à la rendre inexistante, des licenciements en masse au cours des crises, la déconstruction des soins de santé, des dégâts écologiques irréparables, l’organisation d’une industrie de l’armement pour rentabiliser le capital, des guerres impérialistes entre autres pour s’assurer des matières premières, la dégradation de la démocratie et donc de la participation du peuple, etc. L’économie capitaliste mondiale est moralement un système absolument condamnable parce qu’il n’est pas seulement par nature la cause des problèmes écologiques et sociaux mais parce qu’il les aggrave constamment et n’est pas capable de les résoudre. Nous vivons dans un ordre économique qui n’est pas en ordre. Une condition nécessaire pour résoudre les problèmes soulevés n’est donc pas de trouver des ajustements mais de mettre fin à cet ordre économique : exit le capitalisme.

La nécessité d’une forme de postcapitalisme

Bien que le capitalisme soit pour l’homme et la nature sans issue, il est dans sa forme actuelle de néolibéralisme plus fort que jamais et il s’est répandu à travers le monde entier. Une des raisons principales, probablement la principale, doit être trouvé au niveau de la politique en général, et également de celle des organisations civiles. La politique des instances publiques favorise mondialement encore toujours franchement la promotion et le soutien de l’intérêt du capital et de l’économie capitaliste. Et à défaut d’une alternative postcapitaliste les organisations publiques, à quelques exceptions de qualité près, sont contraintes de se limiter à de mineurs changements qui sont tolérés par le néolibéralisme et facilement intégrés par lui. Rien d’essentiel n’a jamais entravé ce système, et ainsi il a pu graduellement étendre son influence maléfique à toute la terre.

Il est devenu entre temps à ce point puissant qu’il ne doit provisoirement craindre aucune alternative économique, même pas postcapitaliste. Il faut attendre le moment où le capitalisme se détruira lui-même. En attendant, nous devons former une base politique et sociale importante en vue d’une saine alternative économique, une forme de postcapitalisme, qui, en temps utile, pourra délivrer le capitalisme mourant de son agonie et éviter sa résurrection. Cette alternative devra en particulier exclure toute forme de plus-value. C’est ce facteur qui est la base des trois contradictions internes dont nous avons parlé, qui est la cause principale des problèmes écologiques et sociaux que le capitalisme entraîne et par lequel ces problèmes s’aggrave et ne peuvent par définition pas être résolus. Nos livres présentent une telle alternative postcapitaliste, qui se veut une incitation à une discussion au sujet de telles alternatives et une invitation pour éventuellement faire de meilleures propositions.

Notre proposition pour une alternative postcapitaliste

Le premier fondement sur lequel repose notre alternative postcapitaliste est la suppression de la formation de plus-value. Non seulement la plus-value doit son existence au surplus de travail non rémunéré – donc de l’exploitation – déjà pour cette raison condamnable, mais la conversion sur le marché de biens et de services contenant une plus value en espèces sonnantes est également la source de tous les problèmes inhérents au capitalisme. La manière dont notre alternative exclut la formation de la plus value se résume en un système de production dans lequel l’argent est absent. Excluons l’argent de la production de biens et de services et le travail ne pourra plus être acheté, par conséquent une plus value du travail non rémunéré et donc également la formation d’une plus value ne seront plus possible. Et à la question comment un système de production sans argent est possible, la réponse est en gros la suivante : en mettant fin à l’acquisition d’un revenu pécuniaire dans la production. Nous distinguons trois catégories de participants qui tous obtiennent un revenu pécuniaire dans la production :

  • les fournisseurs de matières premières,
  • les bailleurs de fonds (donc les capitalistes) et
  • les travailleurs.

Ainsi les fournisseurs et les producteurs de matières premières obtiennent un revenu par des livraisons au système de production. Le capitaliste obtient un revenu parce qu’il crée une plus value par la partie non rémunérée du travail et de cette façon retire du système de production plus que ce qu’il y investit. Et le travailleur obtient un revenu par l’offre de sa force de travail dans le système de production. Ceci nous offre la possibilité de répondre plus concrètement à la question relative à la suppression d’un revenu pécuniaire dans la production, donc à la fin de la liaison entre revenu et apport à la production.

Cette liaison n’existe plus si le revenu résultant des livraisons de matières premières et du travail est supprimé. Les matières premières et le travail deviennent donc gratuits. Et ceci entraîne la séparation entre revenu et entreprendre. Il n’est en effet plus nécessaire d’investir pour l’achat de biens de production, de matières premières et de travail. Ils sont devenus gratuits. Et si le travail ne doit plus être acheté, il n’est plus question non plus de formation de plus value par le surplus de travail non rémunéré. Dans un système de production sans argent la formation d’une plus value est tout simplement impossible.

Actuellement nous sommes à ce point habitués à l’argent comme facteur dans la production et à la liaison entre revenu et apport à la production que cela semble évident que l’argent et l’économie sont indissociablement liés. Sans argent pas d’économie et sans apport à la production pas de revenu. La séparation entre le revenu et l’apport à la production affectera l’offre de travail, de matières premières et de capital, et ainsi toute l’économie sera paralysée, c’est du moins ce que nous craignons. Cependant le fait que l’argent joue un rôle aussi important que dans le capitalisme actuel n’est pas de tous les temps. L’argent ne fait son apparition qu’à l’époque de l’esclavage. Au cours d’environ un million d’années auparavant l’humanité connaissait une économie sans argent.
Malgré cela l’effort de production n’était pas diminué, de toute façon pas suite à cette séparation, pas plus qu’il n’y avait question d’une limitation de la capacité de production pour cette raison. Le travail et les autres moyens de production pouvaient librement être assemblés dans le processus de production, sans être entravé par la question de la disponibilité de l’argent, ou par le fait que des salaires et des revenus devaient être payés. Plus fort encore, il était possible de produire librement et sans entrave, non pas malgré, mais précisément parce que l’argent et l’acquisition de revenus ne jouaient aucun rôle. Justement parce que la force de travail et les autres moyens de production étaient de ce fait gratuits, il n’y avait rien qui entravait une production optimale, bien entendu dans le cadre du développement des techniques disponibles. Logiquement mais également de fait la liaison du revenu et de la production n’est donc pas une nécessité contraignante ou insurmontable. Plus exactement, l’histoire nous apprend que cette scission est favorable à la production et à l’économie.

Le deuxième fondement de notre alternative postcapitaliste est ce que nous nommons  le budget périodique, un même montant d’argent distribué périodiquement à chacun. Ci-dessus nous avons déjà indiqué que par l’exclusion de l’argent de la production des biens et des services, les biens de consommation seront gratuits dans l’économie postcapitaliste. Ces biens pourront donc en principe être distribués sans frais et par conséquent gratuitement.  En principe parce que du fait de l’avidité humaine la consommation prendrait des formes qui dépasseraient de loin la soutenabilité de l’environnement. La distribution ne peut donc pas dans notre postcapitalisme être inconditionnelle. L’acquisition de biens de consommation doit assurer une satisfaction raisonnable des besoins propres aux normes de l’époque et de la société dans laquelle vit le consommateur. L’avidité ne peut entraîner un dépassement de ces normes. Ces normes doivent bien entendu de toute façon répondre à l’exigence d’un volume total de production en concordance avec une production qui n’affecte le milieu pas plus que ce que la terre, tenant compte de la technologie de l’époque, peut supporter sans subir de dommage durable. Cette condition peut être remplie par un budget, un montant en argent, qui est alloué périodiquement à chaque consommateur, soit à tous. Ce budget veille à ce que la totalité de la consommation se maintienne autour de la limite de ce qui, en fonction de l’époque et du contexte, peut être considéré comme largement suffisant pour une réelle satisfaction des besoins, tandis que la totalité de la consommation respecte en même temps la soutenabilité de l’environnement.

La seule contrepartie pour ce budget périodique est l’évidence même que tous doivent livrer un travail en fonction de leur talent et de leur possibilité. Il est clair que le montant de ce budget ne provient pas d’argent gagné antérieurement dans la production. Ce serait le cas dans le capitalisme. Dans le postcapitalisme l’argent est exclu de la production. L’argent du budget est un moyen de paiement mis à la disposition de tous par le pouvoir public, et qui après son usage pour la consommation reflue vers le pouvoir public par le canal du vendeur qui vit également du budget périodique et non du revenu des biens ou des services négociés. Dans le postcapitalisme le circuit de l’argent va du pouvoir public vers le consommateur, et du consommateur par le canal du fournisseur des biens et des services à nouveau vers le pouvoir public, pour ensuite reprendre le mouvement.

Du fait de l’adaptation réciproque de ce budget et d’une satisfaction raisonnable des besoins dans les limites données de la nature et de l’environnement, il est nécessaire d’attribuer une valeur exprimée en montant d’argent aux divers biens et services, de façon que le montant du budget soit fixé en concordance. L’attribution d’une valeur – la détermination du prix des divers biens de consommation – n’est pas fixée par le marché, parce qu’il n’existe plus dans le postcapitalisme. Cette détermination est en quelque sorte arbitraire, mais étant bien entendu que pour les biens de consommation dont la production exige plus de la nature et de l’environnement le prix sera plus élevé.

Le troisième fondement de notre alternative est le contrôle par le pouvoir public de l’attribution des moyens de production. Comme les biens de consommation dans le postcapitalisme également les biens de production, comme les machines, les bâtiments, les navires, etc. sont gratuits. Et ici aussi, il s’agit que leur acquisition du fait de l’avidité humaine ne dépasse pas les besoins réels et ne grève pas plus l’environnement que nécessaire. La condition la plus adaptée consiste en un contrôle exercé par une instance, une instance qui vise exclusivement l’intérêt public. Une affaire telle que l’acquisition des moyens de production dépassant à ce point l’intérêt individuel ne peut tout simplement pas être confiée à l’initiative privée. Elle doit être supervisée par une instance capable de prendre des décisions responsables à partir d’une vue d’ensemble et qui soit contrôlée par la population. Une telle instance est par exemple une autorité publique.

Les bienfaits

Un système de production sans circulation d’argent de façon que les biens et les services sont en principe gratuits, l’introduction d’un budget périodique qui permet la consommation sans surcharge de l’environnement et un contrôle par le pouvoir public du secteur des moyens de production, voilà les éléments déterminants de notre alternative postcapitaliste. A partir de ces éléments nous pouvons décrire en grandes lignes les bienfaits qui en résulterons pour l’homme et l’environnement.

Une première constatation est que dans le postcapitalisme l’argent n’intervient absolument pas dans l’effort en vue de la prospérité et du bien-être de tous sur cette planète. Il suffit de réunir le know-how exigé, les moyens de production et le travail qui, comme nous le savons, sont gratuits. Il n’est plus nécessaire de toujours d’abord gagner de l’argent dans le processus de production, argent qui n’est jamais suffisant pour répondre aux besoins de la société, comme dans le capitalisme. L’unique rôle de l’argent dans le postcapitalisme est de limiter la consommation au niveau qui ne dépasse pas la soutenabilité de la nature et de l’environnement. Dans ce cadre il n’y a (pour le pouvoir public) aucune limitation pour faire l’effort maximum en vue du bien commun dans tous les domaines, également dans l’enseignement et le transport public, en bref dans le secteur public. Le postcapitalisme ne connaît pas un pouvoir public indigent comme le capitalisme. D’une manière générale, les services dans tous les secteurs sont gratuits et peuvent dans le cadre de la soutenabilité de l’environnement être dispensés sans réserve. Et grâce au budget périodique qui est attribué à tous, nous ne sommes dans le postcapitalisme plus confrontés aux problèmes des moyens nécessaires pour le payement des pensions, pour le financement du règlement des incapacités de travail, pour l’assistance publique etc. Tous disposent de moyens financiers en vue d’une satisfaction raisonnable de leurs besoins.

Le postcapitalisme ne connaît pas non plus de licenciement de masse ni de croissance sans emploi, comme le capitalisme. Ceci crée de nombreuses possibilités dans le cadre de l’emploi. Ainsi tous ceux qui sont prêts peuvent participer au processus de production. Ceci offre de réelles perspectives en vue de la réduction du travail hebdomadaire. Et cela sans limitation des possibilités de dépenses, en effet, le travail est devenu gratuit et le revenu a pris la forme d’un budget périodique.

C’est la mission et la raison d’être de la politique d’administrer l’expression des choix et de la volonté de la population, et d’orienter l’économie dans leur sens. Dans le système capitaliste néolibéral l’Etat a, au cours du processus de privatisation, de plus en plus cédé le contrôle de l’économie au capital qui par suite de l’accumulation a toujours de plus en plus foulé aux pieds l’intérêt du bien commun, dont la démocratie est l’instrument.

Pour dissimuler sa méconnaissance et sa violation du bien commun, le capitalisme néolibéral induit d’une manière constante et massive le public en erreur par un message qui affirme que servir le capital est le meilleur moyen de rendre service au bien commun.
Le postcapitalisme n’a plus besoin de cette imposture et de cette intoxication des esprits, parce que cette économie n’est au service que d’un seul intérêt, celui de la population, donc de l’intérêt public.

Nous avons expliqué comment et pourquoi les problèmes liés à la création du profit contraint le capitalisme à la croissance qui d’une manière constante, systématique et inévitable dépasse la soutenabilité écologique.

Le postcapitalisme n’est pas contraint à la croissance parce qu’il n’y a pas de formation de plus value transformée en profit sur le marché et cause de la concurrence ruineuse. La croissance postcapitaliste ne se conçoit qu’à condition que le développement de technologies nouvelles permette un accroissement de la production qui n’impose pas une charge injustifiable à l’environnement, l’énergie et les matières premières. Une production accrue peut alors permettre une augmentation de l’offre de consommation et par conséquent une augmentation du montant du budget.

Une autre différence importante est que la croissance postcapitaliste n’est pas une nécessité pour éviter l’effondrement de l’économie. La croissance postcapitaliste peut être décidé au moment où elle est désirable et réalisable. Il est donc possible de décider une croissance où elle est nécessaire, par exemple dans les pays en voie de développement, et en même temps la tempérer ou la stabiliser dans les régions où il règne une prospérité et un bien-être raisonnable, par exemple la région occidentale.

Durable

Dans notre postcapitalisme les rapports peuvent être définis comme durables dans le sens que cette notion a acquis en relation avec le développement. Le développement durable a une dimension écologique, économique et sociale.

  • La durabilité écologique est la pierre angulaire du développement durable. L’écosystème ne peut subir de charge provoquant une perturbation définitive.
  • Le développement durable a également des aspects sociaux. Il implique une situation dans laquelle les intérêts de tous sont autant que possible reconnus dans les limites de ce qui est écologiquement justifiable.
  • La durabilité économique suppose la création et la continuité d’un système économique qui, sur le plan national et international, peut subvenir aux besoins des générations actuelles et futures, également dans le cadre de la soutenabilité environnementale.

Tenant compte de ces dimensions, nous pouvons affirmer que durable est une caractéristique de notre alternative postcapitaliste.

La route à suivre

Nous avons signalé que le capitalisme dans sa forme actuelle de néolibéralisme est à ce point puissant que pour le moment il n’a rien à craindre d’une quelconque alternative économique. Nous devrons attendre le requiem pour le capitalisme. Ceci ne signifie nullement qu’entre-temps rien ne peut se passer et que de petits pas en vue d’adoucir les angles du capitalisme ne serviraient à rien. Tout soulagement de la situation, si modeste qu’il soit, est un impératif inconditionnel. Seulement cela ne nous rapprochera pas d’un pas de la fin du capitalisme. Pour y arriver nous devrons disposer d’une alternative postcapitaliste socialement largement soutenue afin de pouvoir intervenir avec force au moment où le capitalisme se détruira lui-même et pour éviter qu’il puisse se rétablir. Au sujet de la question de la détermination de ce moment, nous n’avons aucune certitude. Quand les capitalistes retireront-ils massivement leurs actifs suite à une méfiance mondiale au sujet du rendement de leurs investissements, provoquant ainsi l’implosion de leur propre monstre ? Qui peut y répondre ? Pour nous y conduire, il y a de toute façon quelques questions qui ne peuvent échapper à notre attention et qui peuvent faciliter l’avènement du postcapitalisme et de son soutien.

  1. Tout d’abord, nous devons bien entendu aussi rapidement que possible entamer la discussion au sujet de la forme la plus adaptée du postcapitalisme. Avec nos publications au sujet du postcapitalisme et la réalisation de notre site internet, nous désirons lancer cette discussion. Cette discussion est indispensable, de toute façon quand il s’agit d’alternatives économiques, parce qu’un changement ne peut être imposé du sommet si nous voulons éviter l’échec. Un mouvement a bien plus de chance de réussite quand les intéressés ont pu s’exprimer démocratiquement et peuvent s’y identifier. Aussi la route vers le postcapitalisme doit suivre la voie du processus décisionnel démocratique. Et bien qu’il soit souhaitable que le plus de personnes possible, de préférence tous, prennent part à cette discussion, il est à conseiller que tout au début l’échange d’idées s’effectue entre des personnes, des groupements et des organisations, déjà animés par une attitude critique à l’égard du néolibéralisme.
  2. Nous signalons également qu’il est indispensable qu’en définitive le postcapitalisme se développe en tant que mouvement mondial. Parce que le néolibéralisme est lui-même mondial, qu’il utilise la planète entière comme marché, un postcapitalisme qui se bornerait à une enclave n’aurait aucune chance de survie. Pour une extension globale du postcapitalisme les partis politiques peuvent jouer un rôle important. Mais parce qu’aucun des partis politiques existants est prêt à affronter le néolibéralisme comme système économique, il est indispensable que la discussion au sujet du postcapitalisme soit également orientée vers la création d’un nouveau parti politique, qui pourra promouvoir le postcapitalisme avec conviction et dynamisme.
  3. En troisième lieu nous pouvons en fonction de l’évolution de la discussion, envisager la possibilité de quelques réalisations qui nous mèneraient vers le postcapitalisme. Nous pensons par exemple à l’opportunité d’autres indicateurs que le Produit Intérieur Brut (PIB) pour mesurer le bien-être et la prospérité d’un pays, ou encore à l’introduction d’un revenu de base pour tous, qui peut être considéré comme le précurseur de notre budget périodique postcapitaliste. Bien qu’il y ait donc déjà quelques propositions alternatives évoquant une forme de postcapitalisme, la priorité de ce site est avant tout la discussion et le développement d’une économie postcapitaliste. Cela signifie une structure économique globale qui peut remplacer le capitalisme. Il faut que le postcapitalisme dont nous discuterons et que nous ambitionnerons soit un concept suffisamment clair avant de pouvoir envisager la réalisation de ce postcapitalisme. En effet, il est logique de vouloir savoir d’abord ce que représente le postcapitalisme avant d’entreprendre sa réalisation. Procéder dans l’ordre inverse, s’atteler d’abord à la concrétisation, comporte le risque d’une accumulation de propositions dont la valeur ne peut être évaluée et qui la plupart du temps mène à une vraie tour de Babel.
  4. Enfin sur la route vers le postcapitalisme il n’est pas à conseiller de placer trop de bornes. En général il est préférable de réagir et de suivre avec créativité le cours de la discussion. Une stricte planification préalable mène souvent à l’échec ou à un parcours laborieux. La voie créative est la meilleure.
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